Culture
Musique et danse balinaise : gamelan, legong, kecak et barong
Le soir, à Ubud, un orchestre de bronze se met en place sous un portail de temple et une danseuse entre, les yeux grands ouverts. La danse balinaise se voit facilement. Savoir ce que l’on regarde, et ce qui n’est pas fait pour être vu, change tout.
- Mis à jour le
- 7 min de lecture
- Par Kylian Dev

Sommaire
À retenir
- Ubud est le lieu des spectacles du soir : plusieurs scènes chaque soir, au palais et dans les temples des environs.
- Soirée de danse à Ubud : environ 5 à 7,50 € ; kecak d’Uluwatu : 7,50 à 10 €, entrée du temple en sus. Fourchettes observées.
- Les spectacles durent en général une heure à une heure et demie, sans tenue imposée hors des temples.
- Les danses sacrées des cérémonies ne se vendent pas : un spectacle payant reprend le répertoire profane, joué par de vraies troupes de village.
À Bali, la musique et la danse ne sont pas des arts de scène à l’origine : elles accompagnent les cérémonies, accueillent les dieux et divertissent les ancêtres. Chaque village, chaque quartier a son orchestre, le sekaa gong, qui répète le soir dans le pavillon communal. Les spectacles proposés aux visiteurs sont nés de cette pratique.
Ce guide présente les formes que l’on voit le plus et la manière de les voir. Le contexte religieux est dans temples et culture balinaise, les cérémonies où l’on danse pour les dieux dans cérémonies et crémations à Bali.
Le gamelan, l’orchestre balinais
Le gamelan est un orchestre de métallophones, de gongs, de cymbales et de tambours, joué par une vingtaine de musiciens ou davantage. Les instruments vont par paires, accordés très légèrement à l’écart, ce qui donne au son son battement caractéristique. Les parties s’imbriquent si vite qu’aucun musicien ne joue seul la mélodie entière.
Le tambour, le kendang, mène l’ensemble : il donne les départs et les arrêts brusques que suivent les danseurs. Le grand gong ponctue les cycles.
- Gong kebyar : le style le plus répandu, né au début du XXe siècle dans le nord de l’île, éclatant et rapide.
- Semar pegulingan : plus doux, associé autrefois aux palais, souvent joué pour le legong.
- Gender wayang : quatre métallophones qui accompagnent le théâtre d’ombres et certains rites.
- Jegog : un gamelan de bambous géants, propre à la région de Jembrana, à l’ouest.
Entendre une répétition de village, le soir, est souvent aussi marquant qu’un spectacle. Si vous logez dans une pension de Sidemen ou des environs d’Ubud, demandez où répète l’orchestre du banjar : on peut écouter de loin, sans entrer.
Legong, kecak, barong : les danses que l’on voit le plus
Trois danses dominent les programmes. Le legong, dansé par des jeunes filles, est le plus raffiné : gestes des doigts, regard, costume d’or. Le kecak remplace l’orchestre par un chœur d’hommes qui scande et raconte le Ramayana. Le barong met en scène le combat d’une créature protectrice contre la sorcière Rangda.
Legong
Danse de cour, apprise dès l’enfance. Les danseuses racontent une histoire de prince et de princesse par les yeux, les doigts et l’éventail. Le plus souvent donné à Ubud.
Kecak
Un cercle d’hommes torse nu scande « cak » en rythmes entrecroisés. Il a pris sa forme actuelle dans les années 1930, à partir d’un chant de transe, le sanghyang. Donné au temple d’Uluwatu au coucher du soleil, et à Ubud.
Barong et Rangda
Le barong, animé par deux danseurs, affronte Rangda, figure du désordre. Aucun ne gagne : l’équilibre est restauré. Certains spectacles incluent des danseurs armés de kris, poignards retournés contre eux-mêmes en état de transe simulée.
Les danses de Bali sont inscrites depuis 2015 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, sous le titre « trois genres de danse traditionnelle à Bali ».
Danse sacrée ou spectacle pour touristes : faire la différence
Les Balinais distinguent trois genres : les danses sacrées, wali, réservées à la cour intérieure du temple pendant les cérémonies ; les danses semi-sacrées, bebali, données dans la cour médiane ; et les danses de divertissement, balih-balihan, jouées partout. Un spectacle payant reprend ce troisième genre, ou des versions courtes du deuxième.
| Genre | Où | Le visiteur |
|---|---|---|
| Wali, sacré | Cour intérieure du temple, pendant une cérémonie | Ne se vend jamais ; on y assiste seulement invité |
| Bebali, semi-sacré | Cour médiane, lors des fêtes | Peut regarder en tenue, à distance, lors d’un odalan |
| Balih-balihan, divertissement | Pavillons, scènes, cour extérieure | Spectacles du soir, festivals, billets |
Un spectacle pour visiteurs n’est donc pas un faux : les danseurs et les musiciens appartiennent le plus souvent à des troupes de village, et les recettes font vivre l’orchestre. Le programme est simplement condensé, une heure au lieu d’une nuit, et détaché de son cadre rituel. Les danses sacrées vues pendant un odalan sont décrites dans cérémonies et crémations à Bali.
Où voir un spectacle de danse à Bali
Ubud est la meilleure base : chaque soir, plusieurs troupes jouent au palais, dans les temples du centre et dans les villages voisins comme Peliatan, connu pour son legong. Le kecak d’Uluwatu, au coucher du soleil sur la falaise, est le plus spectaculaire par son décor, mais aussi le plus fréquenté.
- Ubud : le programme de la semaine est affiché près du palais et proposé par des vendeurs de billets dans la rue ; on choisit le soir même, sauf en haute saison.
- Uluwatu : kecak dans l’amphithéâtre du temple en fin de journée. Arrivez tôt pour une place assise, et rangez lunettes et téléphones à cause des macaques.
- Batubulan, entre Denpasar et Ubud : des spectacles de barong sont donnés le matin pour les groupes. Pratique en chemin, plus formaté.
- Denpasar : le centre culturel Taman Werdhi Budaya pendant le festival des arts, et les spectacles de l’institut des arts, l’ISI.
Pour loger à distance à pied des scènes d’Ubud, comparez les quartiers dans où dormir à Ubud. Les autres idées de soirée sont dans que faire à Bali.
Prix, durée et tenue : préparer sa soirée
Une soirée de danse à Ubud coûte moins cher que le kecak d’Uluwatu, qui demande en plus l’entrée du temple. Les prix sont des fourchettes observées, qui changent, pour une heure à une heure et demie de spectacle.
Danse du soir à Ubud
≈ 5 à 7,50 €
100 000 à 150 000 IDR
Kecak d’Uluwatu
≈ 7,50 à 10 €
150 000 à 200 000 IDR
Barong de Batubulan
Prix à demander
Fourchettes relevées en 2026 auprès des billetteries et revendeurs, converties à 1 € ≈ 20 000 IDR. Aucun tarif officiel n’est publié pour ces spectacles.
- Les places ne sont pas numérotées : arrivez une demi-heure avant pour être bien placé.
- Pas de flash pendant le spectacle ; il gêne les danseurs et les voisins.
- Les cours de gamelan ou de danse se trouvent à Ubud ; les tarifs varient trop pour être résumés, demandez-les avant de vous engager.
Regarder une danse balinaise avec respect
Même payant, un spectacle balinais se joue souvent dans la cour d’un temple ou d’un palais. On s’y tient comme dans un lieu habité : tenue correcte, pas de pieds tendus vers la scène, pas de conversation pendant les pièces lentes. Si une offrande est posée avant le spectacle, ne la déplacez pas.
Avant de commencer, un prêtre ou un musicien dépose souvent une offrande et asperge la scène d’eau bénite : c’est un rappel que la danse reste dédiée. Avec des enfants, asseyez-vous sur le côté pour sortir sans gêner.
Pour prolonger, une visite chez les sculpteurs de masques de Mas ou les peintres d’Ubud montre l’autre face du même monde artistique : voyez artisanat et marchés de Bali. Et si votre séjour croise Galungan, guettez le barong qui passe de maison en maison.
Questions fréquentes
Où voir une danse balinaise ?
À Ubud, chaque soir, au palais et dans plusieurs temples du centre et des villages voisins. Le kecak se voit au temple d’Uluwatu au coucher du soleil.
Combien coûte un spectacle de danse à Ubud ?
Environ 100 000 à 150 000 IDR, soit 5 à 7,50 €, d’après les prix observés. Ce n’est pas un tarif officiel : il change selon la troupe et la saison.
Les spectacles pour touristes sont-ils authentiques ?
Ils sont joués par de vraies troupes, sur le répertoire de divertissement, en version courte. Les danses sacrées, elles, ne se donnent qu’au temple pendant les cérémonies.
Faut-il réserver le kecak d’Uluwatu ?
En haute saison, mieux vaut acheter son billet à l’avance ou arriver tôt : l’amphithéâtre se remplit vite. Le reste de l’année, on achète sur place.
Quelle est la différence entre legong et barong ?
Le legong est une danse de cour raffinée, dansée par des jeunes filles. Le barong est un drame où une créature protectrice affronte la sorcière Rangda.
Sources
Chiffres et règles relevés le 17 octobre 2026 sur les sources ci-dessous. Les règles d’entrée et les tarifs changent : vérifiez-les toujours sur les sites officiels avant le départ.
